

EARL CORVIS
Caractéristiques
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Âge : 107 ans
Nation : Feobis
Race : Yardlegrim
Sexe : Homme
Métier : Voleur​
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Avatar : Artiste introuvable

Ceci est la fiche d'un de nos membres. Il est strictement interdit de s'en approprier le contenu et les idées sans sollicité le créateur derrière ce personnage.
COMPETENCES :
Cartes ésotériques
La magie des cartes se base sur l’utilisation d’un jeu de cartes enchantées via l’apposition de glyphes sur leurs versos, chaque glyphe renfermant un pouvoir différent. Le jeu se compose de 56 cartes, soit un jeu complet, les plus importantes étant listées ci-dessous :
– As de Brume : Sa carte favorite. Elle le rend si transparent qu’il en est invisible dans les environnements sombres et obscurs, ainsi que peu visible à la lumière du jour. Le seul bémol est que les gens bénéficiant d’une vision nocturne ou une détection de la magie peuvent le voir sans trop de problèmes.
– Valet de Brume : Une autre carte pratique lors de son infiltration. Annule tous les bruits produits par Jester et deux alliés maximum sur une durée de dix minutes.
– Reine de Brume : Implose en un écran de fumée assez large pour couvrir sa fuite. La fumée s’estompe après quelques minutes.
– Roi de Brume : Lance une illusion de lui-même qui peut servir de leurre comme de distraction.
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– As de Bouclier : crée un bouclier magique frontal en forme de carte géante qui bloquera tous les sorts et coups jusqu’à sa destruction. Un coup bien placé ou une attaque magique d’ampleur suffira à le détruire.
– Valet de Bouclier : libère des chaînes dans huit directions différentes. Les personnes qu’elles touchent se feront entraver par ces dernières.
– Reine de Bouclier : Dresse un mur de flammes dans une zone réduite, rendant toute progression impossible.
– Roi de Bouclier : Cette carte est assez spéciale car elle requiert de graver une rune mineure sur un objet que Jester peut utiliser. Lorsqu’il est en danger extrême, il peut disparaître et réapparaître à l’endroit où il avait lancé sa carte, et ce une fois entre deux repos longs, ne laissant que l’objet en question derrière lui.
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– As de Croc : Lance un sort de chute lente sur Jester et deux alliés maximum. Le sort s’arrête lorsque les pieds de Jester entrent en contact avec une surface solide.
– Valet de Croc : Triple la vitesse de Jester durant 15 secondes maximum.
– Reine de Croc : Change la gravité de Jester pendant cinq minutes maximum, ce qui lui permet de courir sur un mur ou de marcher sur un plafond. Pratique quand il s’agit de ne pas être vu ou de s’échapper, en particulier si l’on combine cette carte avec son Valet de Brume.
– Roi de Croc : Engendre une onde de choc dans la zone où à été lancée la carte, repoussant toutes les cibles à portée.
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– As d’Illusion : Jester prend l’apparence de la personne dont le sang est entré en contact avec sa carte, à condition qu’elle soit morte depuis moins de 24 heures s’il s’agit d’un cadavre.
– Valet d’Illusion : Invoque une illusion tangible d’une carte géante en lévitation sur laquelle Jester peut monter à la manière d’un tapis volant.
– Reine d’Illusion : Envoie l’image des pires peurs en boucle dans l’esprit des cibles de la carte.
– Roi d’Illusion : Rends les armes et objets sélectionnés par Jester invisible jusqu’à leur utilisation.
Voici donc les 16 cartes les plus puissantes de son jeu. Il en reste 36 autres, avec des pouvoirs mineurs, ou situationnels et donc ne faisant pas l’objet d’une mention. Mais ce qui rend sa magie spéciale, c’est que ce n’est pas une vraie magie. En effet, pour les plus futés, vous aurez certainement compris que sa magie des cartes est basée sur l’apposition d’un glyphe sur le verso de la carte, qui lui permettra d’activer le sort qu’elle renferme, et la contrôler à sa guise. Cette apposition marche également sur des surfaces inertes afin de créer un piège par exemple. Pour ce qui est de la manipulation de ses cartes, il ne fait qu’insuffler un peu de mana sur les cartes et objets, leur permettant de léviter et d’être contrôlées à sa guise, comme s’il manipulait des pantins avec de nombreux fils. Son utilisation de mana est donc quasi nulle comparée aux magies classiques, sauf quand il crée une rune/glyphe ou régénère une carte usagée, aussi ne pensez pas gagner sur la durée, car c’est sa spécialité. Sa vraie magie fut scellée suite à la perte de sa maison familiale et ne sera libérée que lorsqu’il aura retrouvé l’artefact de scellement qui est donc la clé d’un verrou magique sur son être.
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Pour ce qui est de ses compétences, elles sont également variées et parfaitement compatibles à sa personne :
– Jester est avant toute chose un très beau parleur, ce qui veut dire qu’il connaît l’art de la rhétorique, sait comment persuader les gens et les retourner entre eux si nécessaire. Il est également très recommandé de savoir parler si l’on cherche à escroquer son interlocuteur ou mettre en place une supercherie, chose qu’il maîtrise, aux vues du nombre de personnes qu’il a roulé et embobiné...
– Deuxièmement, Jester est un voleur de haute renommée, à la manière de Robin des Bois. Il est donc habitué au mercenariat, à l’infiltration, à l’assassinat et au vol plus vaguement. Il est également agile, sait se faire discret, et est plus qu’habitué à se servir de ses armes pour se battre et se débarrasser des gêneurs.
– Troisièmement et dernièrement, Jester est très observateur et diablement intelligent. Il passe son temps à analyser la situation, élaborer des stratégies plus ou moins complexes, que ce soit pour se visualiser comment il compte dérober un objet, s’échapper d’une situation qui lui déplaît, voire même comment aborder la charmante noble dans un bal pour mieux la voler par la suite (oui, il ira jusque là sans gêne ou remord, puisqu’il est dépourvu de toute morale).
Caractère :
Ah, le caractère de Jester, une question assez simple en apparence, mais très biscornue lorsqu’on s’y attarde.. Jester possède en réalité une double personnalité : premièrement et principalement, il est un humble voleur qui rit au nez de l’honneur et se contrefiche des bons mœurs tout comme il est pris d’une pitié incommensurable pour les hommes et femmes de morale.. Assez froid et très peu respectueux des règles, il a tout d’un voleur recherché pour ses actes de haute volée, il est un grand aficionado des coups bas/fourbes, fera toujours en sorte d’avoir le maximum de chance de son côté, et ira jusqu’à abandonner ses coéquipiers à leurs sort afin d’accomplir sa tâche, tout comme empocher plus d’argent. C’est d’ailleurs, ironiquement, l’une des principales raisons de ne pas se jouer de lui lorsqu’on vient à sa rencontre pour affaires, ne serait-ce que pour faire une vanne de mauvais goût. Les rares personnes qui ont fait une mission avec lui sont soit mortes soit derrière les barreaux de la prison de Féobis, ou encore parmi les esclaves de Soxuria. En plus de tout ça, il possède également un tempérament narquois et irritant, car il n’hésite pas à dévaloriser les autres et à tourner ses adversaires au ridicule à la moindre occasion, et cela résulte généralement par un emportement de ces derniers, qui les rendent plus faciles à éliminer car ils sont déconcentrés, il le sait de par son expérience. Quand on apprends à le connaître en revanche, chose qu’il ne laissera sans doute pas faire mais partons du principe que cela arrive, on peut lui reconnaître une certaine noblesse d’âme lorsqu’il s’agit d’aider (oui, il vole pour aider) ou faire une faveur à quelqu’un, car quand il le fait, il ne le fait pas à 50% non, il le fait à son maximum. Rares sont ceux qu’il tient en bonne estime, mais pour cette petite catégorie de connaissances, il peut faire des exceptions.
Notons également que Jester est un homme très attaché à la mode, aussi il fait en sorte de se montrer sous différents habits et accoutrements, tout en se débrouillant pour rester sous couverture. Sa tendance artistique est telle qu’il est déjà allé jusqu’à s’extasier sur un chef d'œuvre du palais royal de Féobis pendant que ses hommes de mains tombaient sous les coups des gardes, c’est dire son sens des priorités.
Enfin, principalement à cause des nombreuses trahisons qu’il a subi tout comme par expérience, Jester est on ne peut plus paranoïaque. Même lorsqu’il n’y a rien de présent dans son entourage à plusieurs échelles représentant un potentiel danger, il est toujours pris par l’automatisme de tout vérifier par ses propres yeux, ne comptant que sur sa version des faits pour s’assurer de sa sécurité.
Physique :
Jester est svelte, altier et à l’apparence d’un charmant et beau jeune homme aux traits de vampire mais aussi humains. Il possède des cheveux courts et noirs, lissés et bien présentés, une peau légèrement pâle mais soignée, des yeux entre le marron et le rouge, presque orange terne, aux pupilles très serrées, à la manière d’un félin en plein jour, des lèvres pulpeuses ainsi que des oreilles légèrement écartées, faisant penser à un elfe à première vue. Plus en profondeur, Jester possède deux canines développées à la manière des vampires, des doigts fins et en pointes, ainsi qu’un large tatouage d’étoile satanique complexe sur son dos, ce dernier étant en réalité un sceau d’amplification magique tatoué avec de l’encre de bête des abysses centenaire, chargée en mana. Une autre particularité que l’on peut observer par moment est une cicatrice qui part de son flanc gauche et lui descend sur la hanche. Cette blessure lui avait été infligée par l’un des fanatiques qui avait mit à feu et à sang sa demeure familiale, et encore aujourd’hui il en souffre par moment, car la lame avait atteint une bonne partie du muscle et effleurée un nerf moteur, ce qui engendre des douleurs dans toute la longueur de la blessure lorsqu’on l’attaque à cet endroit, car la blessure est dans un état vivace perpétuel. On peut le remarquer car quand il est très fatigué sa démarche est un peu boiteuse, mais rien de plus. C’est l’une des rares choses qui peut l’énerver (que l’on touche à cette blessure).
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Pour ce qui est de son équipement :
– Aiguillon Sanguinolent (Rapière en Argent Enchantée) : Une rapière faite d’un alliage d’argent, à la lame fine et tranchante, dont la garde a été incrustée d’une gemme enchantée rouge sang qui améliore le tranchant et sert de catalyseur à la magie de sang du Yardlegrim.
– Ceinturon d’Armes de Poing : Un ceinturon entourant la taille de jester, composé de lanières de cuir qui servent de ceinture et descendent sur la jambe gauche du demi vampire. À la ceinture se trouve le fourreau de son aiguillon sanguinolent, ainsi qu’une épée courte. Sur la jambe, plusieurs couteaux de lancer disposés en bandoulière autour de la hanche, ainsi qu’un petit fourreau pour une dague au niveau du genou, le tout caché par les habits qu’il porte.
– Sac Sans Fond : Un sac enchanté qu’il a volé à un fidèle de Nekros dans les ruines de Qaiba, après l’avoir tué bien sûr. Le sac est enchanté de manière à s’ouvrir sur une sorte de micro dimension, où l’on peut stocker des objets à l’infini du moment qu’ils ne sont pas enchantés eux même, sinon, cela crée une distorsion interne sur le cimetière des bannis, un petit portail en somme, qui se refermera une fois l’objet enchanté englouti dans la dimension. Dans des cas assez spéciaux, le sac se fissure et devient un petit trou noir. C’est là où il stocke ses trouvailles et ses affaires. Pour attraper un objet voulu, il suffit de plonger sa main dans le sac et de penser à l’objet en question. À savoir qu’avec ses nombreux méfaits et primes remportées, il possède dorénavant un arsenal assez conséquent, stocké dans ce sac.
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Hormis cela, Jester possède de nombreux habits, tant pour ne pas être directement reconnu que parce qu’il est un fanatique de mode. Dans cette garde robe se compte donc :
- Son accoutrement de signature, qu’il porte plus ou moins souvent, dans un style proche du carnaval, dans des teintes de rouge, de noir et d’argent
- Un second habit dans des teintes blanches et or et dans le même esprit que le premier, qu’il porte lorsqu’il veut s’exposer ;
- Un habit plus modeste, exposant son visage sans le cacher, qu’il porte lorsqu’il se sait en sécurité.
- Un équipement noir ainsi qu’un masque enchanté pour que les yeux soient dissimulés derrière une sorte de halo blanc, qu’il utilise pour être discret dans ses besognes, bien plus adapté au combat.
HISTOIRE :
I : L’Enfance de Sire Earl Corvis
Ah, l’enfance, la période d’apprentissage, de découverte, et de mise en confiance avec le monde extérieur.. Que de belles paroles aux oreilles du nouveau né qu’était Earl. Son père, un noble guerrier humain, avait recueilli chez lui une vampire pourchassée par des mercenaires du Nuxvar. Contre toute attente, les deux êtres pourtant diamétralement opposés finirent par éprouver des sentiments, et cela alla jusqu’à l’union et la mise au monde de celui qu’ils prénommèrent Earl, le fruit de leur amour fervent et le pont entre leurs races. Earl était donc un hybride, un sang impur, de sang noble certes, mais il était presque considéré comme un enfant illégitime à cause de la politique et des mœurs de l’époque, encore aux prémices de la grande guerre. Il fût caché et élevé dans un secret des plus total, entouré de domestiques et d’un mentor léonin pour sa sécurité et sa formation à l’épée et la magie, presque indispensable en ces temps de tension et sujet à une guerre endémique. Il passait donc le plus clair de son temps dans la demeure familiale, dans la bibliothèque à en apprendre plus sur son monde, ou encore avec son mentor à s’entraîner dans la forêt environnante. Il apprenait vite, et se spécialisa rapidement dans l’ésotérisme, pilier magique des vampires et de sa race, connue plus tard sous le nom de Yärdlegrims. À l’âge de douze ans, il rusait comme un arcaniste avancé, et son mentor y allant de force brute se trouvait à force égale face à l’intelligence du jeune prodige.
Earl avait tout ce qu’il aurait pu désirer : le savoir, l’amour de ses géniteurs, et un entourage propice à son épanouissement, ainsi qu’une vie paisible. Son père lui, commençait à se faire reconnaître et montait lentement mais sûrement en estime face à la royauté et à la bourgeoisie de l’ancienne Féobis, bien qu’il vieillissait plus vite que sa mère, encore jeune et belle, comparable à une drow tant la ressemblance en était frappante. Le jour de ses quatorze ans, Son père, Sire Corvis II, lui offrit son masque de lin ainsi que son premier sceptre magique comme le voulait la tradition, et pour la première fois, il fût amené dans un bal costumé, chose dont le roi raffolait et dont Sire Corvis jugeait sans danger si son fils restait masqué. Earl découvrit donc les connaissances de son père, qui le présenta à eux comme étant sa petite fierté qui avait un grand avenir.. À ce moment, il ne se doutait pas des événements qui se produiraient ensuite. Le bal se passa pour son mieux, et Earl eut la chance de tomber face au roi et à la reine, qui lui montrèrent bienveillance et encouragements pour son futur, plaçant la maison Corvis dans un cercle de gens d’estime et de confiance dûs à leurs nombreux services rendus à la nation, et c’était là une agréable surprise que leur fidèle et loyal officier qu’était son père avait eut un enfant si doué en la magie, bien qu’ils furent également interloqués de cette prédisposition dans l’ésotérisme, encore émergente et dans la famille du Corbeau... Si seulement ils savaient se disait Earl, en proie à la suspicion, qui s’estompa assez rapidement en réalité, les gens de l’époque étant un temps soit peu simples d’esprits comme il aimait les décrire dans son fort intérieur.
À partir de ce moment, il passa donc le plus clair de son temps avec sa mère vampire, ainsi que dans la grande bibliothèque, afin d’apprendre à manier l’arcane tel les vampires comme sa mère. Parlons en de sa mère tiens : Ancienne clerc membre d’un culte d’une divinité du péché tenue taboue depuis quelques décennies de leur temps, elle avait été réduite à l’esclavage dans un camp de bandits soxuriens après leurs capture pour pis cher, ayant fuie de nuit et trouvé refuge auprès de l’homme qui devint son gendre et lui offrit un magnifique enfant. Elle resta recluse dans la demeure des Corvis, se cachant du souverain, de la royauté, et des chevaliers vampires qui traquaient ceux qui s’enfuyaient des terres sombres.. Les gens la pensaient comme une domestique du seigneur Corvis, ne se doutant point de leurs relations secrètes… Mais avant de revenir à la croissance de notre petit protégé, une seconde parenthèse s’impose. Celle de l’explication du culte dont sa mère faisait partie. En effet, ce regroupement de clercs et prêtres opérant dans l’ombre était les responsables de l’arrivée progressive des vampires dans la population Féobienne et Soxurienne. Se considérant comme des émissaires d’une déesse du péché et du sang longtemps tenu tabou des autres croyances, ils firent passer clandestinement des sujets vampires dans la foule afin d’occasionner une insertion de leur race, une augmentation des croyances, et un renouvellement de la fertilité de leur espèce traquée par les humains et les races communes de ce monde pour hérésie et existence contre-nature. Une fois les garnisons féobiennes et les bandits soxuriens avertis de leur présence par une prime sur la tête des adhérents du culte, ce dernier fût dissous et ses hérauts comme croyants furent dispersés pour échapper aux forces réécriminatrices des nations concernées. Des rumeurs circulent cependant dans les pègres et à travers-murs des bas fonds de Féobis que “bientôt, les hérauts de la lune rouge se relèveront de leurs tombes, et effectueront la dîme des impurs et ennemis des êtres nés de l’ombre.” Peu important, et qui pourrait se retrouver dans un vieux conte lugubre raconté aux enfants me direz vous. En un sens, oui…
Pour en revenir ainsi à l’adolescent, Earl : plusieurs années passèrent à nouveau, jusqu’au jour de ses dix-huit ans, où il avait appris tout ce que sa mère put lui enseigner, telle qu’il avait pu éveiller une magie née de sa passion pour les jeux d’argent dont il raffolait aux soirées et casinos de la ville, ne se doutant même pas de son vrai pouvoir caché, fruit de l'union interdit.. Ce fameux jour où le jeune Earl était dorénavant considéré comme majeur, fût le jour des révélations au grand jour, dans la nuit du bal d’enterrement de sa vie de garçon, et dans des circonstances peu souhaitées..
2 : Post-Majorité de Sire Earl Corvis
Dans la nuit qui fût plus tard nommée “le bal du blasphème”, le jeune Earl vivait sa meilleure soirée. Les dames et maîtresses familières à son ascension complimentaient sa magie prodige, son apparence et lui faisaient la cour, les nobles et les maîtres d’armes l’accostait pour lui proposer des séjours en leurs domaines, voire lui demander des avances quand aux guerres qui se profilaient, et, cerise sur le gâteau, le conseiller du roi avait fait le déplacement pour voir le fils de son officier de valeur et de confiance ! Que d’honneurs pour le jeune adulte, qui faisait déjà le sujet de mariages arrangés et de promotions dans la cohue de messes-basses… Mais les dieux en décidèrent autrement. Lors de la fin du bal, un seigneur voisin fit irruption dans la demeure, ses traits étirés sous une armure de métal cachée d’une épaisse cape noire. Il revendiquait que sa traque d’une entité fiélonne l’avait mené jusqu’ici, et il se révéla comme un chasseur de vampires et de démons. La mère du jeune Earl put s’éclipser discrètement sans être vue, mais on ne put en dire autant du fils. Le seigneur se dirigea droit vers lui, et le frappa au visage, brisant son masque en de nombreux morceaux, à la manière d’un vase.. La stupeur générale s’amplifia lorsque la foule vit les crocs vampiriques et les yeux injectés de sang du jeune mage, et nul n’osa s’interposer entre le seigneur et Earl.. S’ensuivit un duel qui dura un moment, le jeune demi vampire assassinant sauvagement le pourfendeur qui avait porté atteinte à son visage.. La demeure se vida tandis que l’héritier de la lignée se tenait à genoux devant le corps méconnaissable du seigneur, blessé et anéanti. Il fut jugé par les royalistes, qui ne juraient que sur leur haine pour les étrangers et les médisances, en dépit des services rendus par la famille Corvis. La majorité vota néanmoins en faveur de la maison Corvis dûe aux activités plus que douteuse du seigneur mort, en échange de quoi la lignée du Corbeau devait faire voeu d’exclusion et de pénitence, placés sous surveillance accentuée. Cette mauvaise rencontre fit de la maison une famille de maudits, d’hérétiques, d’êtres impurs et de parjure… Bref, toutes leurs ambitions furent réduites au néant. La mère se cloîtra dans sa chambre, ne voulant recevoir pas âme qui vive, le père dût abandonner ses titres et honneurs, et le fils… Le fils dût ruminer et faire ses petites manigances pour redorer le blason familial. Earl entra dans une période d’imposture et de double vie, rôdant autour des bars, côtoyant le marché noir et la pègre, et allant jusqu’à s’infiltrer dans les événements de la bourgeoisie vêtu d’un costume noir et rouge, lui donnant un air de bélligérant vénitien carnavalesque, afin de récolter des informations tout en assouvissant ses envies de jeune galant à la bourse fluente. Quelques années passèrent à nouveau, et un soir où, du haut de ses 22 ans, Earl rentra dans le milieu de la nuit, sa mère l’attendait dans le salon. Cela faisait des années qu’elle ne paraissait quasiment plus, mais elle se tenait assise, au coin du feu, le fixant silencieusement, dans son costume d’escroc et d’hypocrite.
Il ne faisait nul doute que le demi vampire était tombé bien bas, et avait commis des crimes parfois impardonnables, mais nombreux avaient été reformulés afin de lui faire porter le chapeau, comme les gens de l’époque se délectaient de trouver un bouc émissaire… Des viols ? Non, simplement des relations secrètes découvertes. Des pillages ? Oui, pour donner aux pauvres et se venger de ceux qui avaient craché sur le blason familial. Des meurtres ? Non, de la défense légitime, qui s’était retournée contre lui. Earl s’était, durant ces quatres ans et demi, empêtré dans un cercle vicieux et sirupeux, si bien qu’il ne vivait que pour ses bas instincts, la vengeance, et une fausse lucidité qui n’engendrait que la violence. Durant cette entrevue, il jura de stopper ses excursions, bien qu’on le connaissait désormais comme le Harlequin Pourpre, ou “Jester”... Il passa le reste de l’année caché, jusqu’à une nuit des plus fatidiques, si funeste qu’on lui en donna un nom par respect pour la mémoire de Sire Corvis II : “La nuit des Corbeaux”.
Durant un hiver impardonnable, l’étau s’était resserré et le cercle royaliste accusait la maison Corvis d’être les auteurs des crimes ayant survenus ces dernières années. La protection accordée par grâce de leur jugement empêchait toute intrusion ou procès, le roi et ses hommes politiques défendant la famille comme étant “surveillée” depuis des lustres et “qu’au grand jamais ils n’eurent porté préjudice depuis leur mise à l’écart. ”, chose partiellement vraie si l’on ne comptait pas le fils déchu. Mais comme la crainte et le doute subsistaient, les zélés et ceux vociférant que les Corvis méritaient la pendaison ne purent supporter que l’on laisse s’en tirer impunément la lignée souillée et maudite. Aussi durant cette nuit de fléaux, des mercenaires soxuriens de bas étage, mandatés par les royalistes s’introduirent dans la demeure, assassinèrent le père qui se défendit comme un enragé, pendirent la mère après lui avoir infligé la torture que toutes les femmes d’époque pouvaient connaître, et mirent le manoir en feu. Lorsque Earl trouva sa mère gisant sans vie au milieu des flammes, il la pleura, et laissa sa rage s’exprimer verbalement, avant qu’il ne se fasse meurtrir de la manière la plus atroce et lâche qui soit, se faisant percer le poumon, charcuter la jambe droite dix solides minutes durant, et finalement laissé pour mort après un tir dans ses organes vitaux par le meneur des mercenaires, Sire Golgius, seigneur du nord Féobien ayant motivé la haine contre les vampires, la demeure qui s’effondrant sur elle-même, engloutissant les corps des souillés, des déchus et des âmes en peine tel un monstre purificateur pour les militants, et cathartique pour les morts qui se retrouveraient sur les rives d’un océan funèbre et abritant la mort… À l’exception d’un esprit habité par une haine si viscérale qu’il s’en raccrocha à son corps agonisant…
3 : La Naissance de Jester le Vengeur
Lorsque minuit sonna, la conscience d’Earl lâcha finalement, ne lui laissant le temps que de remarquer la présence flou d’une figure humanoïde se tenant devant son corps, mains jointes en signe de prière, d’autres présences d’un même aura se regroupant autour de lui. “Bah” se dit-il, probablement ces chiens galeux vérifiant qu’aucun d’entre nous n’ai survécu… Peu importe, je l’attend cette mort, cette libération. Il faisait à présent nuit noire autour du Yärdlegrim. Il ne voyait rien, et se pensait mort. Chose qu’il était, en quelque sorte. Durant cette nuit éternelle, il repensa aux figures qu’il avait entrevu avant de tomber dans les “limbes” comme il le pensait. Leur habit lui rappelait quelque chose, car même si restant flou, il associait l’alliance de couleur de leur tenue distante avec une dont sa mère gardait précieusement au fond de sa garde-robe… étrange pensa-t-il tout d’abord, avant de soudainement se faire transpercer d’une douleur dorsale si insupportable qu’il en avait l’impression d’être empalé par milles pointes de lance chauffées à blanc. Lorsqu’il se retourna par réflexe, il vit sa pénombre éclairée par une paire d’ailes faites d’un feu pur, avant de s’éveiller plus ou moins brutalement. Il neigeait, l’aube pointait, et il se trouvait vivant, soigné et marqué d’un tatouage recouvrant l’entièreté de la partie haute de son dos, aux connotations hérétiques en se fiant aux écrits de la nation, mais familière pour le Yärdlegrim venu de deux cultures différentes. La douleur avait baissé au supportable, mais toujours présente, il dû patienter une heure entière avant de pouvoir se lever. Il boitait, traînant sa jambe méconnaissable. Il enterra les domestiques et ses parents tout le reste du jour durant, ne trouvant néanmoins nul part le corps du bretteur léonin l’ayant entraîné durant sa jeunesse.
Earl, guidé par ses sentiments noircis jusqu’à son âme, marcha jusqu’à une province voisine, où il rencontra une jeune bergère qui faisait paître ses moutons. Sa démarche tout droit sortie d’un thriller et son apparence de ressortissant d’une tombe la sidéra, et elle n’eut le temps que de retenir un cri de panique avant qu’elle ne court l’aider, ce dernier s’en remettant à l’inconnue en grommelant… S’en tirant avec une blessure à vie et un corps scarifié des pulsions des royalistes féobiens, il repartit une fois rétabli, laissant un souvenir à cette brave et jeune campagnarde si elle venait à rencontrer des problèmes - l’un des rares moments de la vie de Jester où s’il se sentait redevable à vie envers quelqu’un d’extérieur à sa famille -. S’ensuivit le temps présent, où les rumeurs parlent d’un revenant sévissant dans les bourgades de Féobis, habillé d’un costume du siècle passé… Certains pensent en une âme revenue d’entre les morts pour accomplir sa vengeance, d’autres croient avoir affaire à un fou s’inspirant du Harlequin de l’ère des prémices de la grande guerre, et d’autres encore parlent d’une vaste blague, un canular de campagne pour le bon amusement des parents voulant ficher une trouille monumentale à leurs engeances… Du moins, jusqu’à ce que le personnage fictif vienne les dévorer dans leur sommei ~…
La Suite en Roleplay…
EVOLUTION
Relations :
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